Auteur/autrice : Nelson TOUSSE

  • Une visite guidée au cœur de l’exposition « Frontales : comment franchir les seuils ? »

    Articles et publications · 24 mars 2026

    Une visite guidée au cœur de l’exposition « Frontales : comment franchir les seuils ? »

    Le 21 mars 2026, une visite guidée de FRONTALES au Musée des Civilisations du Cameroun a réuni une cinquantaine d’étudiants de l’INSAM de Mbouda et des visiteurs européens.

    [Légende de la photo] — © [Crédit photographe]

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    Le samedi 21 mars, nous avons eu le privilège de conduire une visite guidée au sein de l’exposition « Frontales : comment franchir les seuils ? », présentée au Musée des Civilisations du Cameroun.

    Cette séance a réuni un public particulièrement diversifié, composé d’environ cinquante étudiants issus de l’INSAM de Mbouda, ainsi qu’un groupe de visiteurs européens en séjour à Dschang. Cette diversité a donné lieu à une dynamique d’échange particulièrement enrichissante, où les regards se sont croisés et complétés autour des œuvres exposées.

    Au fil de la visite, les participants ont pu explorer les différentes propositions artistiques, interroger les démarches des artistes et s’immerger dans les problématiques soulevées par l’exposition, notamment celles liées aux frontières — qu’elles soient culturelles, esthétiques ou identitaires. Les discussions ont permis de mettre en lumière la manière dont l’art contemporain peut servir de passerelle entre les expériences, les origines et les sensibilités.

    Ce moment de médiation a également été l’occasion de souligner le rôle essentiel de la transmission dans la compréhension de l’art. Au-delà de la simple observation, la visite guidée s’est transformée en un véritable espace de dialogue, favorisant une appropriation plus profonde des œuvres.

    En réunissant étudiants et visiteurs internationaux, cette rencontre illustre parfaitement la capacité de l’art à créer du lien, à susciter la réflexion et à encourager l’ouverture à l’autre. Une expérience humaine et intellectuelle marquante, qui témoigne de la vitalité de la scène artistique contemporaine au Cameroun.

    —— Actualités

    Poursuivre la lecture

  • L’art contemporain au cœur des dynamiques culturelles à Dschang

    Du 15 mars au 30 juin 2026, le Musée des Civilisations du Cameroun s’impose comme un véritable carrefour de création artistique à travers l’exposition « Frontales : comment franchir les seuils ? ».

    Pensée comme un espace de dialogue et d’expérimentation, cette exposition réunit des artistes nationaux et internationaux autour d’une réflexion profonde sur les notions de frontières — qu’elles soient culturelles, esthétiques ou identitaires. Elle propose ainsi une lecture plurielle des dynamiques contemporaines de l’art, où les œuvres deviennent des points de passage entre différentes réalités.

    À travers cette rencontre intergénérationnelle, le visiteur est invité à vivre une expérience immersive, à la fois sensible et intellectuelle. Les propositions artistiques présentées interrogent, bousculent les repères habituels et ouvrent de nouvelles perspectives sur notre manière de percevoir le monde et les autres.

    Au-delà de l’exposition elle-même, « Frontales » s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation de la création contemporaine au Cameroun, en faisant du musée un lieu vivant, accessible et tourné vers l’échange.

    🎥 Pour mieux découvrir cette initiative, visionnez le reportage ici :

    Située sur les hauteurs de Dschang, cette exposition constitue une escale incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’art, à la culture et aux formes actuelles de création.

  • Ouverture officielle de l’exposition « Frontales : comment franchir les seuils ? » à Dschang

     

    Depuis le 15 mars 2026, le Musée des Civilisations du Cameroun accueille une exposition artistique d’envergure intitulée « Frontales : comment franchir les seuils ? ». Cet événement culturel majeur se tient dans la ville de Dschang et restera ouvert au public jusqu’au 30 juin 2026.

    Portée par le Centre des Cultures Marronnes (CCMA), cette exposition s’inscrit dans une dynamique de valorisation de la création contemporaine camerounaise et de transmission artistique entre générations.

    Une exposition qui rassemble les générations autour de l’art

    L’initiative est conduite par Dr Nankeng Mbogni Lucie, historienne et muséographe, qui a souhaité réunir artistes confirmés, jeunes talents, élèves, étudiants et passionnés d’art dans un même espace de création et de réflexion.

    L’objectif est clair : faire de l’art un lieu de dialogue, d’apprentissage et de transformation, dans un contexte marqué par de nombreuses réalités sociales et culturelles au Cameroun. L’exposition propose ainsi une expérience artistique intergénérationnelle où les jeunes créateurs travaillent aux côtés d’artistes seniors afin de faire évoluer leurs œuvres au fil du temps.

    Une exposition vivante, construite autour d’un processus artistique

    Contrairement aux expositions classiques, « Frontales » ne se limite pas à présenter des œuvres déjà achevées. Le public découvre également un processus de création en mouvement, depuis les premières expressions artistiques jusqu’aux œuvres plus élaborées.

    Cette démarche permet de suivre l’évolution des talents et de comprendre comment une idée artistique peut se transformer, s’enrichir et gagner en profondeur grâce à l’accompagnement et à la transmission.

    Des mini-vernissages mensuels sont d’ailleurs prévus afin de permettre au public de suivre l’évolution des œuvres et de découvrir régulièrement de nouvelles créations.

    Un parcours artistique en trois étapes

    L’exposition est construite autour d’un parcours artistique structuré en trois grandes étapes :

    • Le Choc : regarder en face les réalités et les tensions du monde contemporain
    • Le Soin : explorer les notions de résilience, de solidarité et de réparation
    • La Traversée : imaginer de nouvelles perspectives et de nouveaux horizons

    Cette approche donne à l’exposition une dimension à la fois artistique, éducative et humaine.

    Une invitation ouverte au grand public

    À travers cette exposition, le Centre des Cultures Marronnes invite le public à découvrir une expérience artistique unique mêlant peinture, photographie, poésie, textile et création contemporaine.

    Artistes, jeunes, passionnés de culture ou simples visiteurs sont invités à venir découvrir les œuvres et vivre cette immersion artistique au cœur du Musée des Civilisations du Cameroun à Dschang.

    COMITÉ D’ORGANISATION

    Commissariat Général :                Dr Mbogni Nankeng Lucie (CCMA/UDs)
    Assistants de Production :

    • Dr Djayou Lewe Irene (CCMA)
    • Mme Douanla Stevie (Artiste)
    • Mme Demanou Martine (CCMA)
    • Mme Takam Aimée Maëlly (CCMA)
    • Yrine Matchinda
    • Songmene Synthia

    Secrétariat Général :

    • Dr Diffouo Yannick Guerin (ASA/CCMA)

    Logistique :

    • Dr Tsangue Douanla Brice (UDs/CCMA)
    • M. Ayemkem Valdes (ASA/CCMA)

    Communication :

    • M. Agendia Boris (ASA/CCMA)

    Conseillers Techniques :

    • M. Demefack Serges
    • Dr Kampoer – Kampoer

     

    PARTENAIRES

     

    Nous exprimons notre profonde gratitude à nos partenaires pour leur accompagnement et leur soutien :

    Le Ministère des arts et de la culture (MINAC)

    Le Musée des Civilisations du Cameroun a Dschang

    Informations pratiques

    📅 Dates : du 15 mars au 30 juin 2026
    📍 Lieu : Musée des Civilisations du Cameroun – Dschang
    🎨 Public : ouvert à tous

  • CENTRE DES CULTURES MARONNES (CCMA)

    C’EST QUOI LE CCMA ?

    Le Centre des Cultures Marronnes (CCMA) est un espace de recherche, d’interprétation et d’action dédié à la reconnaissance, à la collecte et à la valorisation des savoirs, des mémoires et des héritages trop souvent invisibilisés dans les récits dominants. À la croisée des humanités, des arts et de l’engagement social, il œuvre comme un lieu de documentation, d’éducation et de valorisation écopatrimoniales, attentif aux liens profonds entre nature, cultures, territoires et communautés. Le Centre s’attache notamment à étudier et à transmettre les matrimoines, ces réserves de savoirs et de pratiques portées par les femmes, qui constituent des sources essentielles de puissance culturelle, de justice et de transformation sociale en Afrique. Le terme “marronnes” renvoie à la fois à la résistance vivante de ces matrimoines face à l’effacement provoqué par la colonisation et les dynamiques uniformisantes de la mondialisation, à l’affirmation d’une identité culturelle africaine et afro-diasporique assumée à partir de la symbolique de la couleur marronne de la peau noire, et à la vitalité d’une spiritualité enracinée dans la terre — elle aussi marronne — matrice du vivant, que les femmes nourrissent et entretiennent au cœur des sociétés africaines. Par ses conférences, ses collectes de terrain, ses ateliers, ses expositions et programmes de recherche, son accent particulier mis sur la formation des enfants, le Centre des Cultures Marronnes ouvre des espaces de réflexion critique, de transmission intergénérationnelle et d’innovation culturelle, afin que ces héritages vivants deviennent de véritables leviers d’action pour le présent et l’avenir.

    AXES D’INTERVENTIONS

    • Réserves matrimoniales: Galerie et espace de recherche, d’inventaire et d’interprétation des matrimoines et aussi des patrimoines en crise.
    • Théâtre éco patrimoniale: Espace pédagogique- réserve des plantes patrimoniales- lieu de contact avec le vivant en corps, en nature et la terre marronne.
    • Cellule d’Ecoute thérapeutique: Pour toute femme ou personnes ayant besoin d’une oreille pour écouter sans juger afin de guérir et de faire entendre volontairement sa voix au monde par des enregistrements sonores ou vidéos.
    • Programme enfants: Mémoire en semence-les sentiers enfants du patrimoine culturel (lessa’art kids Academy).

    NB : Au CCMA, une attention particulière est accordée aux déplacés internes au Cameroun et à des Formations favorables à leur autonomisation économique et à la sauvegarde de leurs patrimoines culturels.

    Pour plus d’informations, contactez-nous aux : 

    BP : 49 Dschang

    Tel : +237679680287/+237 670109046/ +1(917) 596 6919/

    Mails : centredesculturesmarronnes@gmail.com / asapeople.dschang@gmail.com

    Website : https://lessaa.org

  • RAPPORT DE LA CONFÉRENCE–ATELIERS « Réserves matrimoniales, droits des femmes et humanités numériques en Afrique » Organisée par Le Centre des Cultures Marronnes (CCMA) Sous le Haut Parrainage du Ministre des Arts et de la Culture  05 au 06 mars 2026

     

    C’EST QUOI LE CCMA

    Le Centre des Cultures Marronnes (CCMA) est un espace de recherche, d’interprétation et d’action dédié à la reconnaissance, à la collecte et à la valorisation des savoirs, des mémoires et des héritages trop souvent invisibilisés dans les récits dominants. À la croisée des humanités, des arts et de l’engagement social, il œuvre comme un lieu de documentation, d’éducation patrimoniale et de valorisation écopatrimoniale, attentif aux liens profonds entre nature, cultures, territoires et communautés. Le Centre s’attache notamment à étudier et à transmettre les matrimoines, ces réserves de savoirs et de pratiques portées par les femmes, qui constituent des sources essentielles de puissance culturelle, de justice et de transformation sociale en Afrique. Le terme “marronnes” renvoie à la fois à la résistance vivante de ces matrimoines face à l’effacement provoqué par la colonisation et les dynamiques uniformisantes de la mondialisation, à l’affirmation d’une identité culturelle africaine et afro-diasporique assumée à partir de la symbolique de la couleur marronne de la peau noire, et à la vitalité d’une spiritualité enracinée dans la terre — elle aussi marronne — matrice du vivant, que les femmes nourrissent et entretiennent au cœur des sociétés africaines. Par ses conférences, ses collectes de terrain, ses ateliers, ses expositions et programmes de recherche, son accent particulier mis sur la formation des enfants, le Centre des Cultures Marronnes ouvre des espaces de réflexion critique, de transmission intergénérationnelle et d’innovation culturelle, afin que ces héritages vivants deviennent de véritables leviers d’action pour le présent et l’avenir.

    Dans le cadre des activités marquant la célébration du 8 mars 2026, le Centre des Cultures Marronnes (CCMA) a organisé, du 05 au 06 mars 2026, une conférence–atelier consacrée au thème « Réserves matrimoniales, droits des femmes et humanités numériques en Afrique ». Cette rencontre, placée sous le Haut Parrainage du Ministre des Arts et de la Culture, visait à ouvrir un espace de réflexion et de formation autour des droits des femmes, tout en interrogeant les ressources culturelles et historiques susceptibles de nourrir des réponses endogènes aux défis contemporains sur les questions de genre.

    1. La journée du 05 mars : sensibilisation, éducation et capacitation des femmes

    La première journée a été consacrée à une causerie éducative réunissant un public important de femmes, en particulier issues du milieu rural. Elle a bénéficié de la participation de plusieurs personnalités institutionnelles, notamment la Déléguée départementale de la Promotion de la Femme et de la Famille de la Menoua, un Procureur de la République auprès des tribunaux de la Menoua, la représentante de la délégation départementale du Ministère de l’Environnement, ainsi que la délégation des Affaires sociales.

    Les interventions ont permis d’aborder de manière concrète les enjeux contemporains du mariage, les mécanismes de protection juridique et sociale des femmes, ainsi que les dispositions permettant de prévenir ou de gérer les conflits conjugaux. Dans un contexte marqué par l’augmentation des divorces, des violences conjugales et des féminicides, les participantes ont été sensibilisées à l’importance de la connaissance de leurs droits et des dispositifs institutionnels existants pour leur protection.

    Un temps particulier a également été consacré à la capacitation des femmes sur les questions environnementales et agricoles, avec un accent sur l’agriculture responsable et la protection de l’environnement. Cette dimension visait à renforcer l’autonomie économique des femmes tout en valorisant leurs savoirs pratiques.

    Dans la perspective portée par le CCMA autour des réserves matrimoniales, les échanges ont également insisté sur la nécessité de ne pas limiter la réflexion au seul cadre juridique, mais d’ouvrir un dialogue avec les mémoires culturelles et historiques des sociétés africaines. Celles-ci constituent en effet des réservoirs de valeurs, de normes et de pratiques pouvant éclairer les débats actuels sur les droits, la justice et l’action sociale en faveur des femmes. À titre d’exemple, la figure stratégique de la Mafo (reine mère) dans les sociétés bamiléké anciennes a été évoquée pour rappeler la place centrale historiquement occupée par les femmes : gardiennes des rituels jusqu’au sommet de la hiérarchie sociale (à la chefferie), éducatrices, procréatrices, productrices alimentaires et responsables du grenier familial, elles participaient activement à l’organisation et à la stabilité de la société. Ces responsabilités faisaient de la femme non pas une simple victime du système social, mais une véritable architecte du tissu social, notamment à travers l’éducation et la socialisation premières des enfants et le soutien aux hommes.

    La journée s’est poursuivie par un panel d’universitaires et très pratique autour de l’agriculture biologique, de l’ethnopédiatrie et de la valorisation des parures féminines anciennes comme ressources esthétiques, culturelles et économiques pour le bonheur des femmes rurales présentes. Elle s’est achevée dans une ambiance conviviale par des ateliers de perlage, particulièrement appréciés des femmes et des jeunes filles participantes.

    1. La journée du 06 mars : mise en perspective scientifique des réserves matrimoniales

    La seconde journée, plus scientifique et internationale, a permis de poser les bases conceptuelles et méthodologiques de la notion de réserves matrimoniales, en lien avec les humanités numériques et les recherches contemporaines sur les patrimoines immatériels. Les communications ont insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de scruter le passé pour s’y enfermer, mais plutôt d’identifier dans les mémoires sociales et les archives culturelles féminines des ressources susceptibles d’éclairer les défis actuels. Ces réserves de savoirs et d’expériences peuvent ainsi devenir des leviers d’analyse et d’action face aux problématiques contemporaines.

    Les discussions ont notamment porté sur plusieurs phénomènes préoccupants observés dans les sociétés actuelles : féminicides, violences basées sur le genre, divorces, polygamie, « tchizagamie », ainsi que les transformations des héritages historiques, éducatifs et matrimoniaux, les questions juridiques liées aux femmes en Afrique, les questions de l’amoureuse et surtout des influenceuses sur les réseaux sociaux entre autres. Les intervenants ont souligné l’importance de mobiliser les savoirs endogènes, les traditions et les archives culturelles féminines pour mieux comprendre ces évolutions et contribuer à l’élaboration de réponses socialement pertinentes. La présence particulière des jeunes filles des lycées et collèges de la place à assurer la transmission intergénérationnelle voulue par le CCMA a été remarquée.

    Conclusion

    Ces deux journées de travaux ont permis d’articuler éducation citoyenne, transmission culturelle et réflexion scientifique, tout en donnant la parole à des femmes souvent peu représentées dans les espaces de réflexion académique. La conférence–atelier a ainsi ouvert une dynamique importante autour des réserves matrimoniales comme espaces de mémoire, de savoir et de puissance sociale, capables de nourrir les débats contemporains sur les droits des femmes, la justice sociale et la cohésion des familles africaines.

     

  • 8 Mars 2026 De Droits. Justice. Action. Aux Réserves matrimoniales, Droits de la femme et Humanités Numériques en Afrique

    En 2026, parler de droits des femmes en Afrique ne peut pas se limiter à l’importation de catégories juridiques contemporaines. Cela exige un travail de mémoire, de clarification et de réinterprétation. Car dans de nombreuses traditions africaines, la femme n’était pas une figure marginale. Elle était plutôt une figure structurante. Les systèmes sociaux précoloniaux africains avaient élaboré des mécanismes complexes mais efficaces pour garantir :
    – sa sécurité économique,
    – sa protection sociale,
    – son pouvoir d’influence,
    – sa capacité de transmission.

    Les Réserves matrimoniales :  greniers, terres-champs, dot, réseaux d’alliance, savoirs et savoir-faire féminins, perpétuation du lignage, rituels, lieux de parole et de performance, n’étaient pas des espaces secondaires. Ils constituaient des réserves de puissance, de justice et de valorisation des femmes. Ces réserves ne sont pas seulement matérielles, elles sont juridiques, symboliques, économiques et politiques. La femme était au centre des dynamiques de reproduction sociale : elle assurait la continuité du lignage, la circulation des richesses, la médiation des conflits, la cohésion des alliances. Dire cela ne signifie pas idéaliser le passé africain ou l’essentialiser. Cela signifie refuser les lectures simplistes qui présentent l’Afrique traditionnelle comme intrinsèquement oppressive à l’égard des femmes. Les déséquilibres actuels sont aussi le produit :
    – des ruptures coloniales,
    – de la reconfiguration des droits fonciers,
    – de la codification rigide des coutumes,
    – de la marginalisation progressive des autorités féminines,
    – et des mutations économiques et sociales contemporaines.

    Aujourd’hui, le véritable enjeu n’est pas d’opposer tradition et modernité. Il est de réactiver les logiques de justice, de protection et de puissance qui existaient dans nos systèmes sociaux, tout en les adaptant aux cadres juridiques et sociaux actuels. C’est ici que les réserves matrimoniales doivent devenir des leviers stratégiques.

    🔹 Leviers stratégiques de puissance, parce qu’elles structurent l’autonomie économique.
    🔹 Leviers stratégiques de justice, parce qu’elles fondent une légitimité historique et sociale.
    🔹 Leviers stratégiques d’action, parce qu’elles peuvent être documentées, cartographiées, transmises et redéployées.

    Les humanités numériques jouent un rôle décisif dans ce processus :

    Numériser les archives.
    Documenter les réserves matrimoniales.
    Cartographier les systèmes de transmission.
    Rendre visibles les autorités féminines historiques.

    Ce n’est pas un simple exercice académique, c’est surtout un acte stratégique, car ce qui n’est pas documenté disparaît. Ce qui n’est pas visible n’est pas défendu et ce qui n’est pas transmis ne peut pas devenir une force d’avenir. En 2026, parler de Droits. Justice. Action au CCMA et dans le cadre de la Journée internationale de la femme, c’est affirmer que les femmes africaines ne sont pas en quête d’une place inventée. Elles sont héritières de systèmes qui avaient prévu leur centralité. Le CCMA se propose d’être cet espace et plate-forme d’échanges qui offre la tribune aux femmes pour qu’elles s’expriment, et s’arment de connaissances afin de bien assumer  leur responsabilité qui sont celles d’éduquer et de prendre soin de l’humanité.

    Documenter les réserves matrimoniales, c’est produire de la connaissance structurée. C’est rendre visibles des systèmes juridiques et sociaux souvent ignorés, c’est créer des archives fiables, c’est permettre un dialogue éclairé entre droit coutumier, droit moderne et enjeux contemporains d’égalité et de justice. Dans le contexte du thème 2026 Droits. Justice. Action, cette démarche prend tout son sens.

    🔹 Droits : parce qu’on ne peut défendre efficacement les droits des femmes sans comprendre les cadres sociaux qui ont historiquement organisé leur protection et leur place.

    🔹 Justice : parce que la justice implique aussi la reconnaissance des systèmes africains dans leur rationalité propre, et non leur disqualification systématique.

    🔹 Action : parce que l’étude et la documentation rigoureuse constituent des actes concrets. Ce qui est documenté peut être débattu. Ce qui est archivé peut être transmis. Ce qui est compris peut  être transformé. Notre responsabilité aujourd’hui est claire : Interroger les réserves matrimoniales, les structurer, les documenter, les protéger juridiquement, les projeter dans le numérique. Non pas par nostalgie, mais parce qu’elles constituent des matrices de souveraineté et de développement féminins. Le futur de l’égalité en Afrique ne se construira ni dans l’amnésie ni dans la rupture totale avec nos héritages. Il se construira dans la reconnaissance de cette vérité fondamentale : Les réserves matrimoniales ne sont pas des reliques culturelles, elles sont des architectures de pouvoir féminin

  • DROITS, JUSTICE, ACTION POUR TOUTES LES FEMMES ET LES FILLES

     

    LE CENTRE DES CULTURES MARRONNES (CCMA)

    SOUS LE HAUT PARRAINAGE DU MINISTRE DES ARTS ET DE LA CULTURE DU CAMEROUN

    Organise en partenariat avec

    LA DÉLÉGATION DÉPARTEMENTALE DE LA PROMOTION DE LA FEMME ET DE LA FAMILLE DE LA MENOUA, ACTION SOCIALE AFRICAINE (ASA) ET L’ALLIANCE FRANCO CAMEROUNAISE DE DSCHANG (AFCD)

    LA CAUSERIE ÉDUCATIVE/ TABLE RONDE SUR LE THÈME : DROITS, JUSTICE, ACTION POUR TOUTES LES FEMMES ET LES FILLES
    et LA CONFÉRENCE /ATÉLIERS SUR LE THÈME  « RÉSERVES MATRIMONIALES, DROITS DE LA FEMME ET HUMANITÉS NUMÉRIQUES EN AFRIQUE »

    05 -06 MARS 2026

    PROGRAMME PROVISOIRE

    JOURNÉE DU 05 MARS 2026
    PANEL 1 : 9h-11h
    CAUSERIE ÉDUCATIVE/ TABLE RONDE
    ÉCHANGES AUTOUR DU THEME DE LA JIDF 2026 : DROITS, JUSTICE, ACTION POUR TOUTES LES FEMMES ET LES FILLES
    LIEU : CPFF-Dschang
    Modérateur : Dr Kampoer – Kampoer, Université de Yaoundé 1
    LEÇON INAUGURALE par Mme le Délégué Départemental de la Promotion de la Femme et de la Famille de la Menoua

    INTERVENANT.E.S :
    – M. le Délégué Départemental des Arts et de la Culture de la Menoua : M. Tang Bidjocka Georges
    – Magistrate : Afal Man Suzanne
    – Représentant du CCMA : Dre Mbogni Nankeng Lucie
    – PCA de l’AFCD : M. Sanou

    – 11h- 11h30 : Photo de famille et Pause-café

    DÉBUT DE LA CONFÉRENCE-ATELIERS SOUS LE THÈME « RÉSERVES MATRIMONIALES, DROITS DE LA FEMME ET HUMANITÉS NUMÉRIQUES EN AFRIQUE »

    Axe : Archives matrimoniales, pouvoir féminin et histoire sociale
    PANEL 2 : 11h30-12h45
    INTERVENANT.E.S

    TEMPS NOMS ET PRÉNOMS INSTITUTION
    D’ATTACHE THÈME/ROLE
    Dr Pessetve André Université de Dschang Modérateur

    11h30-11h45 Ayebde Ngolma Ursule Doctorante en Histoire des Civilisations, Religions et Égyptologie à l’Université de Yaoundé I Les parures féminines dans l’espace vouté du Sud-Cameroun : un matrimoine à redécouvrir à préserver
    11h45-12h00 M. Mouafo Tamou NSBIO, Nutrition et Santé Biologique Matrimoine bâillonné, éducation maternelle extravertie et enjeux de
    l’ethnopédiatrie et de l’ethnocosmétique chez les femmes Foréké aujourd’hui (en 2026)
    12h00-12h15 M. Ngo Issock Foe Achille Bérenger, Doctorant en Histoire/ Egyptologie, Université de Yaoundé I. La femme chez les Ekang du Sud- Cameroun : symbole de beauté, de richesse et sa prérogative de garante du panier du pays/peuple
    12h15-12h45 ÉCHANGES-DISCUSSIONS
    12h45-13h15 : PAUSE – DÉJEUNER
    PANEL 3 : 13h15-14H30
    INTERVENANT.E.S

    TEMPS NOMS ET PRÉNOMS INSTITUTION
    D’ATTACHE THÈME/ROLE
    Dr Edong Leopold Université de Dschang Modérateur
    13h15-13h30 Pr. Adama Tome et Soungalo Sodre Histoire de l’Art et
    Patrimoine culturel
    l’Université Norbert Zongo, Burkina Faso La place de la forgeronne dans la cohésion sociale à Sakaby
    13h30-13h45 Dr Fankem Enseignant à l’Université de
    Yaoundé, L’agriculture bio, un emploi vert à accès structurellement contrôlé chez les femmes Bamiléké du Cameroun
    13h45-14h00 Dr Abissi Rose Angeline Université de Douala Le mariage coutumier en pays bamiléké au Cameroun : controverse autour d’une pratique sociale ancestrale
    14h00-14h30 – – ÉCHANGES-DISCUSSIONS

    ATELIERS (Toute la journée)
    Principe : Formation et mise en réseau pour le suivi

    N° INSTITUTION
    D’ATTACHE THÈME DE L’ATELIER SIEGE SOCIAL
    1 HURAC Transformation agroalimentaire Bafoussam
    2 CCMA Perlage Dschang

    JOURNÉE DU 06 MARS 2026
    LIEU : ALLIANCE FRANCO CAMEROUNAISE DE DSCHANG (AFCD) 07h30-08h30: PETIT DÉJEUNER
    08h30-9h30 : LEÇON INAUGURALE
    Par Pr. Pangop Alain Cyr, Université de Dschang
    SUITE CONFÉRENCE-ATELIERS
    PANEL 4 : 9h30 -11h
    INTERVENANT.E.S

    TEMP S NOMS ET PRÉNOMS INSTITUTION
    D’ATTACHE/ THÈME/ROLE
    M. Fouetlefack Jocelain Sanctuaire des orateurs Modérateur
    9h30-9h45 M. Tang Bidjocka Georges Délégué départemental des arts et de la culture de la Menoua Matrimoines en musées : quelle visibilité
    à l’ère du numérique
    9h45-10h00 Pr. Mariembe Rachelle Université de Douala/Institut des beaux-arts de Nkongsamba Le rôle de la femme dans la préservation du patrimoine culturel
    10h00-10h15 Mme Rafiatou Astaharam Département des Arts et Sciences du patrimoine, Université de Ngaoundéré Le Mbanga Raw : Espace d’expression et de divertissement chez les femmes Mbum
    10h15-10h30 Paule-Clisthène Dassi Koudjou Programme route des chefferies La valorisation de la femme a travers les expositions, études de cas de réalisations de la route des chefferies.

    10h30-11h00 ÉCHANGES-DISCUSSIONS
    Axe : Droits des femmes, violences de genre et mutations contemporaines

    PANEL 5 : 11h -12h15
    INTERVENANT.E.S

    TEM PS NOMS ET PRÉNOMS INSTITUTION
    D’ATTACHE/ THÈME/ROLE
    Pr Mariembé Rachelle Université de Douala/Institut des beaux-arts de Nkongsamba Modératrice
    11h00- 11h15 William Bensii
    Université de Dschang Entre transgression rituelle et quête d’émancipation : la femme amoureuse face aux mutations traditionnelles dans
    Un mariage précipité d’André Kamta
    11h15- 11h30 Tadadjeu M.Johanna, Kwanye K. Florence Et Salamatou Centre National d’Éducation, Unité de Recherche des Humanités et Mutations du Monde Contemporain « Réserves matrimoniales » et féminicides : analyse historique et archéologique des rapports et des représentations sociales du genre au Cameroun forestier
    11h30- 11h45 Dr Babou Daila Université Joseph KI-ERBO Sciences du
    langage/Grammaire française La vie d’une femme marginalisée et violée dans Moah le fils de la folle de Clément Zongo
    11h45- 12h15 ÉCHANGES/ DISCUSSIONS
    12h15 -13h15: PAUSE – DEJEUNER

    PANEL 6 : 13h15 -14h30
    INTERVENANT.E.S

    TEM PS NOMS ET PRÉNOMS INSTITUTION
    D’ATTACHE/ THÈME/ROLE
    M. Fouetlefack Jocelain Sanctuaire des orateurs Modérateur

    13h15- 13h30 Dr Mbogni N. Lucie & Dr Diffouo Yannick G. Centre des Cultures Marronnes De la polygamie à la « tchizagamie » : quelle perspective pour la famille africaine ?
    13h30- 13h45 Dr Léa Madouli, PhD en Sociologie de Développement
    Univ/ Ngaoundéré- Virginité et respect conjugal de la femme sous les schèmes culturels sahéliens
    13h45- 14h00 Miknam Francis Ouédraogo Icom/ Burkina Faso, Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) Médiation culturelle et construction de la paix : réactiver les savoirs féminins traditionnels comme outils de cohésion sociale cas du Burkina Faso
    14h00- 14h30 ECHANGES/ DISCUSSIONS

    Axe : Humanités numériques et préservation des matrimoines

    PANEL 7 : 14h30 -15h45
    INTERVENANT.E.S

    TEMPS NOMS ET PRÉNOMS INSTITUTION
    D’ATTACHE THÈME/ROLE
    Dr Ngouné Patrick Junior Université de Dschang Modérateur
    14h30-14h45 Dr Ibrahim Sacko Université de Kankan de guinée Conakry La place des femmes, de la jeunesse et
    l’avenir des matrimoines culturelles en
    Guinée Conakry
    14h45-15h00 Dr Irène Djayou Centre des Cultures Marronnes Les droits des femmes à l’épreuve des système et régime matrimoniaux : entre tradition et modernité à l’ère du numérique.
    15h00-15h15 Dr Tsangue Douanla Brice Université de Dschang Femme africaine et univers numérique contemporain ; regards critiques sur
    l’appropriation des réseaux sociaux par les « influenceuses »
    15h15-15h45 ECHANGES ET DISCUSSIONS
    16h – 16h20 : SÉANCE DE RESTITUTION ET PERSPECTIVE PAR Dr EDONG LEOPOLD SEDAR, UNIVERSITÉDE DSCHANG

    ATELIERS :
    Principe : Formation et mise en réseau pour le suivi

    N° INSTITUTION
    D’ATTACHE THÈME DE L’ATELIER SIEGE SOCIAL
    1 NSBIO Les enjeux de l’ethnopediatrie Dschang
    2 CCMA Fabrication des bonbons avec des plantes bio médicinales Dschang
    3 CCMA Les matrimoines et l’IA Dschang

    FIN

  • Conférence – Ateliers 2026: Réserves matrimoniales, droits de la femme et humanités numériques en Afrique

    Les 05 et 06 mars 2026 se tiendra une conférence–ateliers consacrée à un thème à la fois juridique, culturel et technologique : « Réserves matrimoniales, droits de la femme et humanités numériques en Afrique ».

    Organisé sous le haut parrainage du Ministre des Arts et de la Culture, cet événement se veut un espace de dialogue entre tradition et innovation, entre patrimoine et transformation numérique.

    —

    Pourquoi cette rencontre ?

    À l’heure où les technologies numériques redéfinissent les modes de production, de transmission et de conservation du savoir, il devient essentiel de repenser :

    La protection des droits des femmes dans les contextes sociaux et juridiques africains

    Les enjeux liés aux réserves matrimoniales et à l’autonomie économique

    Le rôle des humanités numériques dans la valorisation du patrimoine culturel africain

    L’impact de l’intelligence artificielle et des outils digitaux sur la mémoire collective

    Cette conférence ambitionne d’ouvrir un débat multidisciplinaire réunissant chercheurs, juristes, artistes, étudiants, acteurs culturels et membres de la société civile.

    —

    Objectifs

    Favoriser une meilleure compréhension des réserves matrimoniales et de leurs implications juridiques

    Promouvoir les droits de la femme dans une perspective africaine contemporaine

    Explorer les humanités numériques comme levier de sauvegarde et de diffusion du patrimoine

    Encourager l’innovation responsable au service de la culture et de l’égalité

     

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    Programme et lieux

    📍 05 mars 2026 (08h)
    Centre de Promotion de la Femme et de la Famille

    📍 06 mars 2026
    Alliance Franco-Camerounaise

    Au programme : conférences thématiques, panels d’experts, ateliers pratiques et échanges interactifs.

    —

    Une dynamique collective

    Cet événement s’inscrit dans une volonté de construire des ponts entre savoir académique, pratiques culturelles et outils numériques. Il constitue une opportunité unique de réflexion stratégique sur l’avenir des politiques culturelles et de l’égalité en Afrique.

    Nous invitons toutes les personnes intéressées — étudiants, artistes, professionnels, chercheurs et grand public — à prendre part à ces journées de réflexion et d’engagement.

    Ensemble, pensons le patrimoine, défendons les droits et façonnons les humanités numériques africaines de demain.

  • Exposition d’art contemporain intergénérationnelle au Cameroun

     

    1.  VISION GÉNÉRALE DU PROJET

     

     

    FRONTALES : comment franchir les seuils ? est une exposition d’art contemporain conçue comme un espace de confrontation lucide avec le présent camerounais, mais aussi comme un lieu de réparation, de transmission et de projection collective. Elle part d’un constat simple et profond selon lequel les crises que traverse le pays notamment les conflits armés, les crises sociales, politiques, territoriales, climatiques, symboliques, ne sont plus périphériques. Elles sont devenues frontales, visibles, vécues au quotidien, dans les corps, les récits, les relations et les imaginaires. Dans ce contexte, FRONTALES fait un choix artistique et idéologique pour penser le contemporain comme un dialogue intergénérationnel, où les œuvres d’artistes confirmés et celles de collégiens et lycéens coexistent, dialoguent et s’enrichissent mutuellement. Il ne s’agit ni de transmission descendante, ni de juxtaposition pédagogique, mais d’une co-présence créative, reconnaissant que les jeunes vivent déjà, avec intensité et lucidité, les mêmes seuils que les adultes, souvent avec moins de filtres et plus de radicalité sensible.

     

     

    2.  UNE EXPOSITION EN MOUVEMENT

     

    FRONTALES rompt délibérément avec plusieurs conventions dominantes de l’exposition d’art contemporain :

    • La séparation parfois stricte entre artistes professionnels et publics jeunes,
    • La hiérarchisation implicite des légitimités créatives,
    • L’exposition figée, conçue comme un résultat final plutôt qu’un processus

    À l’inverse, FRONTALES est pensée comme une exposition en mouvement, évolutive, traversée par des voix d’âges, de parcours et de langages différents. Les œuvres ne sont pas seulement montrées : elles sont habitées par les processus de création, par les transformations, les doutes, les apprentissages et les passages de seuils. Le visiteur ne fait pas face à un discours clos, mais entre dans un écosystème artistique, où se lisent simultanément : la maturité conceptuelle des artistes seniors, l’intuition brute, la fragilité et la force d’invention des jeunes créateurs, et les continuités ou les écarts entre générations face aux mêmes réalités sociales.

     

    3.  FUSION DES DYNAMIQUES INTERGENERATIONNELLE

     

    L’un des piliers du projet est l’abolition de la frontière symbolique entre « artistes établis » et « artistes en devenir ». Les collégiens et lycéens ne sont pas intégrés comme une catégorie à part, mais comme des créateurs contemporains à part entière, travaillant sur les mêmes thématiques, avec des médiums parfois différents, mais une même légitimité d’énonciation. Le dialogue entre œuvres juniors et seniors produit :

    • Des résonances sensibles inattendues,
    • Des déplacements de regard,
    • Une relecture générationnelle des crises

    Les œuvres des jeunes ne simplifient pas le propos, mais elles l’intensifient. Elles rappellent que le choc est souvent vécu très tôt, que les pratiques du soin commencent dans l’intime, et que la traversée vers l’avenir est une préoccupation constante dès l’adolescence.

     

    4.  STRUCTURE CONCEPTUELLE : CHOC, SOIN, TRAVERSÉE

     

    FRONTALES s’organise autour de trois axes narratifs qui structurent l’ensemble de l’exposition, toutes générations confondues :

     

    Le Choc

     

    Cet espace donne à voir la frontalité des crises : violences visibles et invisibles, fractures territoriales, tensions sociales, désenchantements politiques, pressions quotidiennes. Les œuvres travaillent la trace, la rupture, la saturation, sans jamais tomber dans la spectacularisation.

     

    Le Soin

     

    Ici se déploient les gestes discrets mais essentiels de réparation : pratiques communautaires, solidarités féminines, tactiques juvéniles de survie, création comme refuge et comme langage. Le soin est envisagé comme un acte politique, esthétique et relationnel.

     

    La Traversée

     

    Cet espace ouvre vers les seuils à franchir : passages intimes, sociaux, symboliques, générationnels. Il accueille les projections, les rêves, les réinventions possibles, et affirme le rôle de l’art comme outil de transformation et de futurisation. Ces trois dimensions traversent indifféremment les œuvres des artistes seniors et des jeunes, révélant une continuité profonde des préoccupations, malgré la diversité des formes et des expériences.

     

     

    5.  UN DISPOSITIF DE CRÉATION ET D’ACCOMPAGNEMENT

     

    L’exposition intègre un processus structuré de détection et d’accompagnement des jeunes talents. Sur plusieurs mois, leurs œuvres évoluent :

    • D’expressions initiales souvent spontanées,
    • Vers des formes accompagnées, réfléchies, assumées dans l’espace public,
    • Jusqu’à une reconnaissance symbolique et matérielle à travers une distinction

    Ce dispositif ne vise pas la compétition pour elle-même, mais la valorisation du potentiel,

    l’apprentissage des codes de la création contemporaine et la construction de trajectoires durables.

    FRONTALES : comment franchir les seuils ? postule que l’art contemporain n’est pas un luxe, mais une nécessité sociale. En réunissant artistes seniors et jeunes créateurs dans un même espace de création, d’écoute et de reconnaissance, le projet fait de l’exposition un lieu de soin collectif, un laboratoire de pensée et un espace d’avenir.

    Dans un pays traversé par de multiples fractures, FRONTALES choisit de ne pas séparer les générations, mais de les faire créer ensemble, convaincue que les réponses aux crises

    d’aujourd’hui se construisent dans le dialogue des regards, des âges et des imaginaires.

     

    SCHÉMA DU PARCOURS

     

    ÉTAPE INTITULÉ OBJECTIF CENTRAL ACTIONS CLÉS RÉSULTATS ATTENDUS
     

     

     

     

     

     

    Étape 1

     

     

     

     

     

    Repérer / Rendre visible

     

     

     

    Identifier les talents et reconnaître les expressions existantes

    •  Appel à participation inter- établissements

    •  Sélection sur travaux existants

    •  Intégration des œuvres des lycéens dans l’exposition FRONTALES, en dialogue avec les artistes seniors

    •  Détection de jeunes talents

    •  Première expérience d’exposition

    professionnelle

    •  Valorisation symbolique et inclusion

     

     

     

     

    Étape 2

     

     

     

    Accompagner / Transformer

     

     

     

    Développer les capacités créatives et conceptuelles

    •  Ateliers et coaching par artistes seniors et médiateurs

    •  Approfondissement des thèmes (Choc, Soin, Traversée)

    •  Production de nouvelles œuvres inédites

    •  Montée en compétences

    •  Œuvres plus structurées et assumées

    •  Compréhension du processus de

     

    ÉTAPE INTITULÉ OBJECTIF CENTRAL ACTIONS CLÉS RÉSULTATS ATTENDUS
    •  Renouvellement progressif de l’exposition création contemporaine
     

     

     

     

     

    Étape 3

     

     

     

     

    Valoriser / Projeter

     

     

     

    Reconnaître les talents et ouvrir des perspectives

    •  Exposition finale des œuvres accompagnées

    •  Évaluation par un jury pluridisciplinaire

    •  Distinction des meilleurs talents

    •  Cérémonie de clôture et primes

    •  Reconnaissance institutionnelle

    •  Motivation et projection des jeunes

    •  Pérennisation du dispositif

     

     

    LE DISPOSITIF EST :

    • Processus progressif et inclusif
    • Dialogue intergénérationnel réel
    • Exposition vivante et évolutive
    • Détection + formation + reconnaissance
    • Modèle réplicable à l’échelle nationale
  • Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante 2026

    Pour une Conservation/Conversation consciente et productrice de cohésion sociale

    À l’occasion de la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante 2026 sur le thème « Héritage culturel, progrès et harmonie : Engager la jeunesse africaine afin de renforcer la paix dans le monde », l’Association Lessa’a/ Centre des Cultures Marronnes (CCMA) et Action Sociale Africaine (ASA) inscrivent leur action dans une lecture critique de l’histoire, reconnaissant l’esclavage et la colonisation comme des ruptures violentes ayant profondément affecté les systèmes africains de transmission culturelle, sans pour autant en interrompre la continuité. Malgré les déplacements forcés, les spoliations et les réorganisations imposées, les sociétés africaines et afrodescendantes ont maintenu, adapté et recréé leurs patrimoines à travers des pratiques vivantes de mémoire, de soin et de relation à la nature.

    Dans les contextes postcoloniaux actuels, ces patrimoines demeurent fragilisés par les conflits, les mobilités contraintes et la précarité, exposant objets rituels et usuels, récits oraux, chants, danses initiatiques et espaces sacrés à la disparition, au chancellement ou à la marchandisation. Le CCMA et ASA postulent pour l’inventaire, la sauvegarde et la valorisation de ce patrimoine en crise, en adressant les formes endogènes et communautaires de sauvegarde, fondées sur la transmission active et intergénérationnelle, la participation des détenteurs de savoirs et la continuité des usages culturels.  À travers la Réserve Matrimoniale et le Théâtre éco-patrimonial, ils réaffirment une conception africaine du patrimoine où nature et culture forment un continuum historique, et où la conservation s’opère par le vécu, le rituel et la création. Inspiré par le marronnage, le centre conçoit la valorisation des cultures africaines et afrodescendantes comme un processus de responsabilité partagée, de dialogue entre territoires et générations, et de projection vers l’avenir par la conservation/conversation consciente et productrice de cohésion sociale.