EXPOSITION D’ART CONTEMPORAIN AU CAMEROUN

FRONTALES 

Résister par le rêve et le soin au féminin

ARCHIVES ALTERNATIVES DE SOIN, DE TOLÉRANCE ET D’HOSPITALITÉ ; Dr Lucie Mbogni Nankeng, Commissaire de l’exposition en cours « Et si le fil traduisait les langages du futur… », sous la supervision du professeur ALBERT GOUAFFO, Musée Théodore Monod/IFAN (https://lessaa.org/le-fil-du-futur/ ou https://reconnecting.art/)

I – LE CONTEXTE

L’exposition « FRONTALES » est un troisième moment d’une trame narrative et expérimentale ayant commencé à Dschang dans le cadre de l’exposition/Workshop « Re -connect » du 18 au 28 février 2023. Le second moment a eu lieu à Dakar au musée Théodore Monod de l’IFAN dans le cadre du « off is on » de la Biennale de Dakar de mai à septembre 2024 sous le thème « Et si le fil traduisait les langages du futur ». Cette approche itinérante voudrait se poursuivre avec le retour au bercail de l’exposition à chaque fois remodelée et réadaptée aux exigences contextuelles et temporelles, sous le thème « Frontales ». Après son accueil par les collaborations nationales, elle ambitionne de poursuivre son itinérance vers les ailleurs récepteurs, pour continuer à questionner notre rapport au monde actuel et à venir.

En effet, le Cameroun en particulier et le monde en général fait face depuis ces dernières décennies aux diverses pressions et crises (sanitaires, environnementales, humanitaires, climatiques, écologiques, sociales, économiques) et surtout aux conflits armés. La transformation de ces divers espaces essentiels à l’existence humaine en champs de dé-globalisation progressive altère et met en crise la relation et le rêve, pourtant nécessaires à toute l’humanité.

Au Cameroun, en particulier, les crises sécuritaires se multiplient depuis une décennie. Depuis la guerre contre Boko Haram au nord du pays, la crise dite anglophone dans le désormais NOSO, en passant par la crise à l’Est du pays impliquant les réfugiés centrafricains, la douleur devient frontale. De plus, la crise sociale avec la monté parfois instrumentalisée du tribalisme, la révolte encore douce contre la vie chère et surtout la permanence des systèmes d’extraction très bien polie et entretenue par les firmes et compagnies étrangères au grand désarroi des populations locales dans le sud profond et à l’Est du pays, cet ensemble rend le malaise bien profond. Comme une boule de billard qui est reçue en plein visage, ces multiples espaces et archives de frustrations fragilisent le tissu social et encouragent l’échappement et l’émigration comme réaction alternative.

Les réponses des pouvoirs publics notamment : Le grand dialogue national tenu du 30 septembre au 4 octobre 2019 à Yaoundé, la réponse militaire face à Boko Haram au Nord entre 2013 et 2015 avec des résistances et des métamorphoses aux conséquences encore perceptibles de nos jours en termes de frustration au sein de la population jeune de cette partie du pays, des actions militaires à l’Est du pays, etc., l’ensemble de ces réponses n’ont pas pu résoudre efficacement les ressentiments existants. Cet ensemble de poches de pressions à la fois de l’intérieur et de l’extérieur, sont à l’origine d’un sentiment d’abandon remarquable et même inquiétant chez les fils et filles du Cameroun qui imaginent leur paix et leur sécurité loin du cadre national potentiellement toxique et peu propice ou tueur des rêves. Faire de son projet de vie, de réussite sociale et de paix la migration est le plat le plus consommé au Cameroun actuel, depuis les milieux communément considérés comme meilleurs : les fonctionnaires. Dans cette écologie d’insécurité généralisée et de pressions diverses, l’art est susceptible de sauver la ruine. À travers les expressions positives de la notion du soin, de la tolérance, de la différence et de l’hospitalité que l’art nous permet d’expérimenter, il est possible de rêver à nouveau malgré ce contexte.

Couplée aux conversations sous forme de workshop, frontales voudrait s’associer à l’univers et à l’anthropologie de la femme au Cameroun ou plus globalement depuis l’Afrique profonde, en tant qu’espace de transformation, de germination, et de réadaptation permanente. En effet la femme camerounaise en particulier et africaine en général est reconnue par les littératures écrites et orales comme garante de la liaison, du renouvèlement constant et de la vie à travers le complexe inchangé de l’ADN mitochondrial dont elle est porteuse. Depuis la cellule familiale, elle est garante du soin, de l’existant, de l’hospitalité, de la rencontre, du tissage des liens sociaux et vecteurs de paix. De façon réelle ou métaphorique, l’univers féminin est celui de la transformation matérielle ou spirituelle du tissu social depuis les cosmogonies africaines.

Au moment où l’on est tenté de croire en la banalisation des corps et des espaces de pouvoirs féminins (féminicide, enlèvements, viols collectifs comme armes de guerre, assassinats d’enfants, artificialisation des corps et des rêves) comme mamelle nourricières des crises et conflits au Cameroun, il semble aussi essentiel de questionner cet univers féminin à travers les arts contemporains.

II – L’OBJECTIF

L’objectif de cette exposition est d’une part d’interroger l’impact des diverses crises sécuritaires et sociales sur la création artistique contemporaine camerounaise. D’autre part, il s’agit de panser symboliquement et de penser les potentielles réponses à ces architectures de la frustration et de la distanciation sociale traduites par les arts contemporains et les croisements d’idées au Cameroun à travers les univers séculaires et pratiques pacificateurs au féminin.

À travers leurs œuvres et leurs réalisations, l’ambition est de permettre aux artistes d’exprimer leurs préoccupations, leurs frustrations, leurs ressentiments, leurs sentiments et leurs visions du monde futur en partage. Cette rencontre organisée autour d’une création artistique et littéraire en situation de crises et de conflits ouverts (cas du NOSO et des enlèvements dans l’extrême Nord du Cameroun encore attribué à Boko Haram par certains médias aujourd’hui) et des crises sociales voudrait mettre en conversation divers espaces mentaux et expérimentaux.

Faire dialoguer les arts, les artistes et les amateurs de l’art, les experts et les détenteurs des savoirs matrimoniaux pourrait permettre de construire une écologie de rencontre et d’expérimentation des possibilités de la relation ayant au centre l’humanité et l’hospitalité. Résister par la création artistique et rêver par les spéculations et les contacts, par la création des imaginaires potentiellement pacificateurs et inscrits dans l’interculturalité, deviennent des valeurs essentielles de ces rencontres autour des arts contemporains.

III — LES AXES DU PROJET

Frontales voudrait se réaliser sous forme des rencontres autour d’une exposition nationale et itinérante en diaspora ainsi que des conversations avec des acteurs divers, pour faire corps et permettre d’exprimer leur façon d’aborder les mondes et de les intégrer à leurs personnes subjectives et collectives. Il s’articule autour de quatre grands moments :

1 — Résidences d’artistes :

En plus des réajustements des travaux déjà effectués dans le cadre de l’exposition en cours au musée Théodore Monod de l’IFAN-Dakar (dont le décrochage se fera en septembre 2024), il s’agit de mettre des artistes en résidence pour une période de trois mois (selon les termes choisis par les collaborations). Cette résidence aura pour objectif de leur permettre de travailler les imaginaires créatifs autour des violences issues des crises et conflits au Cameroun, les arts iconographiques et vivants, les espaces géographiques et mentaux, etc.… Ces artistes sont :

– Les enfants du club Lessa’art kids (les enfants de l’association Lessa’a) : Permettre aux enfants de rendre compte publiquement de leur savoir-faire culturel sur leurs réponses aux violences sociales et psychologiques. En tant qu’héritiers des combats culturels d’aujourd’hui et des mémoires d’hier, ces enfants constituent à la fois la couche la plus vulnérable et la plus fertile pour inscrire dans la durée les actions en faveur de la pacification des rapports sociaux. Autour du programme : parcours au cœur du village, il s’agira de visiter les chefferies et leurs musées, de visiter les cases des Reines et les lieux sacrés, ou tout simplement de visiter les lieux de mémoires collectives et les espaces de conservation/transmission capables de faire jaillir en cette jeune génération, les valeurs de paix et d’hospitalité : le Muntu africain. La restitution devant se faire pendant la période d’exposition.

Lessa’art kids, académie, Dschang, juin 2024. Atelier de restitution avec les enfants du club sous la coordination de Réné Poundé.

2- Une exposition itinérante :

Cette exposition ambitionne de faire le tour du Cameroun et de s’exporter dans d’autres pays selon les possibilités existantes et les collaborations obtenues. L’objectif de cette itinérance est tout d’abord de faire émerger et circuler la chaleur de la fraternité africaine ancienne et de la commune humanité négociée. Il s’agit aussi de donner la possibilité à tous les amateurs, les curieux et les consommateurs d’arts contemporains, brefs, de donner la possibilité aux publics d’horizons divers de dialoguer, de communier, de se connecter ou de se re-connecter aux réalités matérielles et immatérielles qui découlent de ces œuvres ayant un ancrage féminin et camerounais. L’ambition est aussi de donner la possibilité aux artistes de mettre en exergue la « communauté et l’hospitalité » à travers les spéculations et les expérimentations créatives. La notion de dialogue des textes et des contextes n’est pas en reste, car cette itinérance est susceptible de favoriser la co-construction des imaginaires réels ou symboliques de paix et de vivre ensemble au Cameroun et avec les autres mondes.

3- Workshop sur le thème : « “Frontales : résister par le rêve au féminin”

Cette articulation voudrait repenser les crises et conflits au Cameroun à travers les arts et savoirs locaux en adressant leur accessibilité et leur inclusion transnationale. Cette séquence offrira aux différents acteurs, des espaces d’expression, de frottement et de travail où la plurivocalité ou la polyphonie résonne autour des spéculations créatives à partir des univers féminins, de la conservation, de la transmission aux générations futures et surtout de leur transformation en patrimoines universalisant et interconnectables.

IV – LES ARTISTES

En collaboration avec les artistes Hervé Youmbi (à confirmer) et Emile Youmbi (à confirmer) :

 

LAURIANE YOUGANG

Lauriane  est une artiste visuelle née à Douala au Cameroun. Elle est diplômée de l’Institut de Formation artistique de Mbalmayo option céramique depuis 2015 et actuellement en formation en art plastique à l’Université de Yaoundé 1. Dans l’intervalle de 2015 à 2023, elle a participé à plusieurs expositions et rencontre dont L’OTHNI en 2015 sous le thème : « Extraire de matière », Altérabilité en 2021-quartier Mozart, et Horizon intérieur en 2022 à la libre académie des beaux-arts de Douala entre autres.

Son approche artistique explore différentes facettes d’une humanité croisée et principalement l’univers complexe de la femme, associée à la permanence du renouvèlement et de la vie entretenue. À travers des représentations des scènes de la vie quotidienne, ses réflexions abstraites sur ses toiles et ses portraits expriment sa sensibilité sur des sujets liés à la tolérance, à l’altérabilité, à la matière, à l’analyse transactionnelle et à l’extase. Ses propres photographies, ainsi que celles de divers personnages pris dans des magazines, constituent, pour elle, des sources qui l’inspirent au quotidien.

Elle s’inspire également de tous les éléments (formes, couleurs et matières) de son environnement et de l’expérience des voyages, pour raconter d’une façon subtile, ses frustrations de femme, ses désirs, ses joies et fait une thérapie de ses douleurs d’enfance par sa façon de peindre, car, « prise au piège », elle dit s’être trop souvent sentie. Elle réalise ses œuvres en peinture à partir des procédés mixtes (peinture, collage des perles). Ses supports sont la toile et les objets argileux sous forme de cuisson, biscuit (vases, plats, masques, etc.) réalisé par elle-même à travers ses médiums de prédilection que sont l’argile, l’acrylique et les perles.

« Métamorphoses » : artiste Lauriane Yougang ; une exploration du tissage, de l’immersion, des imaginaires et de la relation. Technique mixte (perlage, moulage en céramique. Exposition en cours au Musée Theodore Monod/IFAN jusqu’en septembre 2024.

SIDOINE YONTA

Sidoine Yonta est un artiste photographe camerounais dont l’approche artistique globale explore les dimensions culturelles et humaines de l’Afrique. À travers son œuvre, il scrute la dignité et les espaces d’espoir des peuples africains, ainsi que leurs riches archives mémorielles. Son engagement artistique se manifeste par sa volonté de documenter les lieux de savoirs artistiques et culturels, les pratiques de préservation et de transmission des mémoires par les soins des artisans qui contribuent au façonnage de l’identité culturelle africaine permanemment réadaptée. Sa démarche artistique est profondément enracinée dans l’idée d’un retour aux sources. Ce qui l’amène, dans sa démarche à être impérativement vigilant quant aux nouvelles dynamiques sociales et culturelles contemporaines.

Pour Sidoine, la photographie est bien plus qu’un simple moyen de capturer des images ; c’est une fibre de reconnexion à la mémoire collective plurielle et un véhicule de cette mémoire partagée. À travers ses photographies, il cherche à établir un dialogue entre l’ancien et le contemporain, entre le réel et le potentiel, permettant ainsi de mettre en exergue, les défis actuels auxquels le continent est confronté. Il cherche à révéler les histoires et les émotions qui animent ses sujets. En parcourant villes, villages et paysages, il documente les traditions, les rituels et les visages qui incarnent l’essence même du continent. Son engagement envers la préservation de l’identité culturelle africaine transparait dans chacune de ses photographies, offrant ainsi un témoignage visuel de son engagement.

Série : « Forger depuis l’immémorial » impressions sur tissus de 10 images en 50 x 80 cm s’inscrivent donc dans une danse intemporelle, où les gestes ancestraux deviennent les notes d’une symphonie intergénérationnelle. Exposition en cours au Musée Theodore Monod/IFAN jusqu’en septembre 2024.

SERGE DEMEFACK

Serges Demefack est un artiste visuel d’origine camerounaise vivant dans le New Jersey, aux États-Unis.  Il est titulaire d’une maitrise en droit et d’une maitrise en affaires internationales et il travaille comme coordonnateur du plaidoyer pour une Justice migratoire des immigrants noirs dans une ONG internationale américaine. Ses travaux ont été exposés dans des galeries en Europe, en Afrique et aux États-Unis. Son œuvre artistique est un mélange captivant de techniques et de concepts enracinés dans la compréhension magicoreligieuse de l’espace Grassfield, dans la région occidentale du Cameroun, en Afrique Centrale.

Son œuvre est le reflet poignant d’un monde en évolution, faisant écho à son voyage personnel allant de l’Afrique vers l’Amérique, où il réside depuis plus de deux décennies. Demefack perçoit son effort artistique comme une extension de l’héritage créatif hérité de ses ancêtres ; notamment, son grand-père, un guérisseur qui s’appuyait sur une lignée ancestrale pour ses prouesses en matière de guérison.

Reconnaissant les profonds changements culturels qui ne vont pas sans impacts sur la dynamique socioculturelle africaine, Demefack considère l’ère numérique comme une voie pour ré imaginer et propager l’art africain dans un contexte postcolonial. Son ambition est de recontextualiser les modes traditionnels d’expression artistique, en affirmant son héritage culturel tout en affrontant l’héritage persistant du colonialisme. Cette philosophie est palpable dans son travail, où les champs pixellisés, représentés par des grilles et des blocs, servent de toile à des symboles africains réinventés. Le pixel, dans ce contexte, devient une démarcation tangible, délimitant des unités de narration visuelle.

Motivé par la résurgence des demandes de rapatriement d’objets d’art vers l’Afrique, Demefack crée aussi son art en Occident avec l’intention explicite de l’exposer sur le sol africain. Son objectif est de relancer le dialogue au sein des communautés africaines sur leur identité culturelle depuis son point de vue aux États-Unis. Dans cette optique, Demefack fait partie d’une nouvelle cohorte d’artistes de la diaspora qui créent leur art à l’étranger dans le but principal de l’exposer en Afrique, un processus délibéré visant à entrer en tension symbolique contre les normes classiques devenues canoniques, consistant pour les artistes africains à produire en Afrique et à se battre pour être exposés en Europe ou aux USA. Son travail vise aussi à favoriser la reconnexion et le dialogue culturels depuis les diasporas africaines.  

Dynamiser les sentiers, Dschang, 2000. Toile de 4,80 m x 2,2 m, est associée à l’image de la Majesté Grassfields en scrutant des possibles liens et circulations. Exposition en cours au Musée Theodore Monod/IFAN jusqu’en septembre 2024.

DOUANLA STEVIE JAELLE

Douanla Stevie Jaëlle est une artiste plasticienne et designer née au Cameroun. Elle débute dans le domaine de l’art plastique en 2019 après sa formation à l’issue de laquelle elle obtient un BTS [Brevet des Techniciens Supérieurs] en design de mode. Elle est actuellement enseignante en Industrie d’Habillement au Lycée technique de Penka Michel à l’ouest du Cameroun après son Certificat d’Aptitude professionnelle d’Instituteurs des Enseignements techniques [CAPIET]. Elle a participé à plusieurs rencontres artistiques parmi lesquelles : le concours d’art « d’jino art contesté » organisé par les Brasseries du Cameroun dans la ville de Douala en 2021 et l’exposition collective « art power exhibition » organisée par l’association art Power dans la ville de Limbe la même année. En 2022, elle expose au festival international reconnexion à Dschang et en 2023 elle participe à l’exposition-workshop re-connect à Dschang [https://reconnecting.art/] et au festival international Pie-Claude Ngumu à Yaoundé entre autres.

Par sa « grammaire textile du Musée mutant », Stevie Dounala explore le textile africain comme espace de conservation d’une mémoire féconde digne d’intérêt, et un trésor caché qui renferme des secrets millénaires. Chaque étoffe, chaque motif, chaque couleur raconte une histoire, exprime une émotion, symbolise une valeur. Elle travaille la question des signes et symboles comme nouvelles approches langagières du futur à travers ses tricotages sur des tissus africains organiques et désormais industrialisés dans certains cas.  Elle articule ainsi le tissage d’histoires et des mémoires à partir d’une création sur textile à impression manuelle, en expérimentant des combinaisons symboliques sur des sacs, se situant aux frontières du clos et de l’ouvert, de la sacralité et de l’urbanité.

La combinaison des signes et symboles grassfields, des symboles amérindiens et des signes du Bogolan [qui mettent l’accent sur la terre et connectent le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Conakry et le Burkina Faso] et de l’écriture Adinkra du peuple akan du Ghana et imprimés manuellement sur ses créations textiles formées en sacs, sont autant d’intentions de connexions rhizomiques nécessaires aux langages panafricains du futur. C’est également une volonté de l’artiste de faire des créations vivantes et fonctionnelles qui traversent les frontières humaines. Une façon aussi pour elle, de donner une énergie vitale à cette réflexion spéculative pour le futur dans une volonté poussée de mettre en dialogue, de créer la rencontre et l’attention pour un métissage producteur de nouveaux langages affectifs. 

À partir d’une conceptualisation anthropologique du sac en Afrique [réserves du sacré, des énergies positives du village, de la sagesse ancestrale, de la prévision…] et son rapport à la socialisation et à la pérennité, l’intention créative de l’Artiste Stévie Douanla tente de mettre en mouvement les géographies, les mémoires, et les générations à partir de la combinaison textile et de la rencontre de diverses techniques de tissage qu’elle met ensemble. Son impression manuelle sur textile des symboles africains, au milieu d’une association stylisée de plusieurs types de tissus dits traditionnels aux charges symboliques profondes, représente pour elle, une grammaire spéculative.  Cet exercice autour de la pensée symbolique constitue, pour elle, la mise en réseau des charges génésiques au fondement d’un univers de vie, de contact et de mutation essentiel à l’imagination de nouveaux langages. Elle met ainsi, un accent particulier sur des symboles de l’araignée, de la fertilité féminine, de la vie à travers les couleurs qui interpellent. 

Series “Langage des fibres”: Artiste STEVIE DOUANLA, combinaison textiles patrimoniaux, usage expérimental des signes et symboles africains et des possibilités de liens depuis le complexe symbolique féminin).  Exposition en cours au Musée Theodore Monod/IFAN jusqu’en septembre 2024.

André Takou Sa’a

André Takou Sa’a est Danseur-Chorégraphe et Metteur en scène investi dans le théâtre jeune public, professeur de danse, André TAKOU SAA partage son humanité à travers les actions artistiques et pédagogiques. Amoureux de la poétique corporelle, sa danse est théâtre et son théâtre dansé. La performance, art de transfuge, lui permet de déconstruire, de transgresser pour la transfiguration des univers. Il est directeur artistique de la compagnie MOOK et de l’association Artglomook.

Performance « Listen to me » au vernissage de l’exposition/workshop « reconnecter les objets, les savoirs et/avec les sujets », février 2023 à Dschang-Musée des civilisations et Alliance Franco-Camerounaise de Dschang.

UN PROJET DEJA LANCE

Quelques images de la première étape de ce projet au Musée Theodore Monod de l’IFAN-Dakar, de mai à septembre 2024, sur le thème :

“Et si le fil traduisait les langages du futur… ?”

                                                            FILM

Reportage filmique des rencontres et de l’exposition « Reconnecter les objets, les savoirs et/avec les sujets », organisée à Dschang, du 18 au 28 février 2023, 

Full HD, vidéo, 18,19’, image et montage : Sammy Pro, 2023-2024.

Installation de la Dr Lucie Mbogni Nankeng, Commissaire de l’exposition en cours “Et si le fil traduisait les langages du futur…”, sous la supervision du professeur ALBERT GOUAFFO, Musée Théodore Monod/IFAN.  Exposition en cours au Musée Theodore Monod/IFAN jusqu’au 15 septembre 2024. (https://lessaa.org/le-fil-du-futur/ ou https://reconnecting.art/)

Ecriture : Dr. Lucie Nankeng
Edition et mise en page : Sidoine Mbogni

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