DE LA KOLA À L’AVENIR :

UN VOYAGE PÉDAGOGIQUE AU CŒUR DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA CRÉATION ARTISTIQUE ET DE L’HÉRITAGE CULTUREL

Un projet porté par Astrid S. Klein

Les 7 et 8 février 2025, un événement important autour d’une histoire d’extraction coloniale partagée entre le Cameroun et l’Allemagne a eu lieu au Musée des Civilisations du Cameroun à Dschang et au Jardin Botanique de l’Université de Dschang. Sous le thème « La Kola, Tissage des Liens – Création et Transmission », cet atelier écoenvironnemental et créatif organisé sous l’initiative de l’artiste Allemande Astrid S. Klein, en collaboration avec le professeur Albert Gouaffo, a réuni les enfants du club Lessa’Art Kids Academy et leurs camarades des lycées et écoles, sous la coordination générale des Prs Felix Meutchieye et Albert Gouaffo, pour une exploration approfondie de la kola.

En leur offrant une expérience immersive entre art et écosystèmes, cette activité représentait un deuxième moment d’un processus ayant permis aux enfants de lessa’art kids academy de mettre en terre dans le jardin botanique de l’université de Dschang, les plantes de kolatiers diasporiques, extraites du Cameroun par les allemands pendant la période coloniale allemande. Ces plantes sont revenues au Cameroun en avril 2024, grâce au travail acharné de l’artiste Astrid S. Klein avec ses collaborations en Allemagne et au Cameroun. Cet atelier éco-éducative organisé autour du kolatier, de la kola et de ses valeurs de liaison ou d’union, visait à connecter la création artistique, les traditions africaines et les enjeux écologiques, tout en soulignant l’importance des savoirs ancestraux sur la kola et la nécessité de préserver la biodiversité.

Source : image Lucie Mbogni Nankeng, le 03 Février 2025 à Dschang/Foréké. Cabosses de kola sur le kolatier en fructification.

TISSER DES LIENS :

UNE EXPLORATION PROFONDE DE LA KOLA

La kola n’est pas seulement un arbre, elle est un lien entre les générations et les communautés, un symbole de partage, de convivialité et d’hospitalité. Au cours de cet atelier, les enfants ont eu l’opportunité de découvrir les multiples facettes du kolatier et de ses fruits, les noix de kola. Au-delà de son rôle dans les écosystèmes, la kola incarne aussi des valeurs sociales profondes, souvent transmises à travers les générations. Cette étape a été coordonnée par le Dr Lucie Mbogni Nankeng. À travers des contes et des présentations interactives, les enfants ont appris comment la kola joue un rôle fondamental dans les relations sociales et communautaires.

Le premier jour de l’atelier a débuté au Musée des Civilisations du Cameroun à Dschang, où les participants ont été accueillis par le Professeur Albert Gouaffo, suivi d’une intervention du Pr. Serges Bobo Kadiri, Chef du Département de Foresterie à l’Université de Dschang. La suite des travaux a été marquée par une présentation du Dr Lucie Mbogni et de M. René Poundé sur la kola et ses valeurs dans les traditions africaines. À travers le conte « Dans la forêt sacrée, le chasseur et son chien », ils ont mis en lumière l’importance de la kola dans la création des liens sociaux, ainsi que ses bienfaits pour la santé, comme le traitement de la diarrhée et l’apport en énergie, entre autres.

Les enfants ont également participé à un atelier artistique où ils ont créé des impressions manuelles sur des T-shirts, inspirées des symboles traditionnels liés à la kola. Cet atelier, dirigé par le Dr Lucie Mbogni, Mme Stevie Dounala et en collaboration avec le Dr Herbert Abdoulaye, a permis aux jeunes de s’exprimer tout en apprenant la signification de ces symboles. L’intervention du Dr Abdoulaye en salle a permis aux enfants de se situer dans les écosystèmes du kolatier. Cet atelier a marqué une approche transversale de la culture, de l’écologie et de l’art. Il a ouvert un dialogue entre plusieurs disciplines, mis en lumière les liens entre les géographies et illustré les interconnexions entre les écosystèmes et les pratiques culturelles. Le programme a été structuré en deux volets : un volet écoenvironnemental et un volet artistique, permettant aux enfants de s’immerger à la fois dans la nature et dans la création. Ce fut une véritable plongée dans la culture, tout en favorisant l’expression artistique comme moyen de sensibilisation.

Séance de création sur T-Shirts avec les enfants de lessa’art kids Academy et leurs camarades externes. Source : Images Lucie Mbogni Nankeng, Musée des civilisations du Cameroun à Dschang, le 07 février 2025.

REDÉCOUVRIR LA KOLA :

UN PONT ENTRE TRADITION ET ENVIRONNEMENT

La kola, symbole ancestral de l’Afrique, est bien plus qu’un simple fruit. Elle incarne la culture, l’hospitalité et la solidarité au sein des communautés africaines. Ce programme a mis en lumière la puissance de cet arbre, non seulement comme un acteur central de l’écosystème, mais aussi comme un vecteur de lien social et intergénérationnel. Dans un contexte où la mondialisation efface souvent nos racines culturelles et naturelles, « La Kola, Tissage des Liens » incarne un retour aux sources, en remettant les jeunes au cœur du processus de création, de transmission et de préservation. Les traditions de partage de la kola ont été explorées comme des gestes puissants de solidarité et de transmission.

UN ATELIER ARTISTIQUE INNOVANT :

IMPRESSION MANUELLE SUR T-SHIRTS AVEC DES EXTRAITS DE NOIX DE KOLA, SES FEUILLES ET DE LA PEINTURE INDUSTRIELLE

L’un des moments les plus marquants de cet atelier fut la séance de création artistique, où les enfants ont expérimenté l’impression manuelle sur des T-shirts à l’aide de teintures naturelles extraites des noix de kola, ainsi que de peinture industrielle. Ce volet expérimental a permis aux jeunes participants d’explorer la création et de personnaliser leurs œuvres tout en prenant conscience de l’importance des ressources naturelles locales. En utilisant des extraits de noix de kola pour teindre leurs T-shirts, les enfants ont appris à créer des œuvres d’art tout en découvrant les vertus écologiques et culturelles de cet arbre.

En complément de cette technique traditionnelle, des peintures industrielles ont également été utilisées, permettant une fusion entre méthodes artisanales et modernes. Cette combinaison a sensibilisé les jeunes créateurs à la diversité des matériaux et à la nécessité de respecter l’environnement dans le processus de création. Les œuvres réalisées n’étaient pas seulement un moyen d’expression artistique, mais aussi un message puissant sur la préservation de l’environnement.

Séance de création sur T-Shirts avec les enfants de lessa’art kids Academy et leurs camarades externes. Source : Images Lucie Mbogni Nankeng, Musée des civilisations du Cameroun à Dschang, le 08 février 2025.

UN VOYAGE PRATIQUE AU JARDIN BOTANIQUE :

CONNECTER NATURE, ÉCOLOGIE ET HISTOIRE

Le deuxième jour, les enfants ont été invités à poursuivre leur exploration au Jardin Botanique de l’Université de Dschang, où ils ont eu l’opportunité de découvrir la kola dans son environnement naturel. Cette immersion en plein air a permis de relier les savoirs théoriques acquis en salle avec l’observation directe des kolatiers et des écosystèmes environnants. Le Professeur Felix Meutchieye et le Dr Herbert Abdoulaye ont animé des discussions sur le cycle de culture de la kola et son interaction avec les autres plantes et animaux du jardin.

Le dialogue interdisciplinaire entre art, écologie et culture a été au cœur de cette visite. Les enfants ont non seulement observé les kolatiers et leur impact sur les écosystèmes, mais ont aussi réfléchi aux liens qui existent entre les pratiques agricoles, la biodiversité et l’art traditionnel. Cet échange a renforcé leur compréhension de la nécessité de protéger la nature tout en préservant les savoirs ancestraux qui nourrissent les cultures locales. Cette immersion dans la nature a permis aux enfants de comprendre le rôle écologique de la kola dans les écosystèmes locaux, tout en leur offrant une occasion d’observer de près les arbres de kola et leur cycle de culture. Le Prof. Albert Gouaffo a également renforcé l’importance de ce programme en établissant un lien entre cet atelier et la première intervention réalisée en avril 2024, soulignant la progression pédagogique et l’impact de cette initiative sur les enfants. La session au jardin s’est terminée par une dégustation de vin de raphia accompagné de noix de kola, symbolisant la connexion entre les géographies, les espèces et les ancêtres.

Séances d’immersion au jardin botanique de l’université de Dschang le 08 février 2025 avec les enfants du club lessa’art kids Academy et les autres. Source : Image lucie Mbogni Nankeng.

UN ENGAGEMENT POUR L’AVENIR :

CONNECTER LES GÉNÉRATIONS ET LES ESPACES

Ce programme a offert bien plus qu’un simple atelier éducatif. Il a constitué un véritable pont intergénérationnel, reliant les savoirs des aînés à la jeunesse et ouvrant des perspectives pour un avenir partagé. En cherchant à connecter les disciplines, notamment l’écologie, l’art, l’histoire et la culture, les géographies et les écosystèmes, cet atelier a montré comment les jeunes peuvent devenir des acteurs du changement, capables de défendre et de promouvoir un avenir respectueux de l’environnement et des traditions. À travers ces échanges, nous avons vu des enfants enthousiastes et curieux, prêts à prendre en main leur avenir tout en honorant le passé. C’est un pas vers un futur où les jeunes, en portant l’héritage de leurs ancêtres, deviennent les véritables acteurs du changement. Ce programme, à travers l’exemple du kolatier et de la noix de kola, visait à inscrire la préservation de la biodiversité et la transmission des traditions dans la durée, et à engager les jeunes générations dans cette mission.

VERS UN MODÈLE DE PROGRAMME ÉCOENVIRONNEMENTAL PÉRENNE

L’objectif de cet atelier était de poser les bases d’une initiative pérenne, inscrite dans le temps, qui permettrait de renforcer l’engagement des jeunes envers la préservation de la biodiversité, les questions d’extraction coloniale et la valorisation des traditions culturelles. Grâce à cette expérience, qui a débuté en avril 2024 avec la mise en terre des plantes diasporiques de kolatier (en provenance d’Allemagne) par les enfants de Lessa’Art Kids Academy, l’atelier a non seulement permis aux enfants de s’engager concrètement dans la préservation de leur environnement, mais aussi de réinventer des pratiques culturelles à travers l’art. Ce programme vise à devenir un modèle durable, permettant de réconcilier modernité et traditions, tout en assurant une transmission continue entre générations et géographies. L’idée n’est pas seulement d’organiser un événement ponctuel, mais de créer un mouvement durable. Les enfants, sensibilisés à la fois à la biodiversité, à l’art créatif et à l’histoire coloniale et post-coloniale, sont appelés à devenir les ambassadeurs d’une transition verte et responsable.

Séances d’immersion au jardin botanique de l’université de Dschang le 08 février 2025 avec les enfants du club lessa’art kids Academy et les autres. Source : Images lucie Mbogni Nankeng.

UN APPEL À LA COLLABORATION ET À L’ACTION COLLECTIVE

Cet atelier a également permis de tisser des liens solides entre les institutions locales, les experts et les communautés. La collaboration entre le Musée des Civilisations, l’Université de Dschang, et surtout les facultés d’agronomie et des lettres et sciences humaines, les chercheurs, la famille forestière, ainsi que l’artiste allemande Astrid S. Klein, a permis d’offrir un programme très riche. C’est grâce à ces partenariats que ce programme a pu voir le jour et qu’il pourra perdurer.

Nous invitons toutes les parties prenantes – musées, universités, organisations de défense de l’environnement et citoyens engagés – à se joindre à ce mouvement, à soutenir ce type d’initiatives et à participer à la création d’un avenir durable pour les générations futures. Ensemble, nous pouvons faire de cette démarche écoéducative et artistique un modèle à suivre, et garantir un retour aux sources véritablement porteur d’espoir et d’action.

REMERCIEMENTS ET PERSPECTIVES D’AVENIR

Nous remercions chaleureusement l’artiste Astrid S. Klein et le professeur Albert Gouaffo pour l’initiative de ce projet. Nous remercions particulièrement Astrid S. Klein pour la mise à disposition des fonds nécessaires à la réalisation de ces ateliers. Nous exprimons également notre gratitude envers tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cet événement, notamment les intervenants, les membres de la famille forestière, les enfants et leurs familles, ainsi que nos partenaires institutionnels. Cette initiative marque le début d’un voyage, et nous sommes déterminés à faire grandir ce programme pour qu’il devienne une référence dans le domaine de l’écoéducation et de la conservation culturelle. Ensemble, œuvrons pour un avenir durable, respectueux de l’environnement et riche de nos traditions. Grâce à la collaboration de l’équipe de l’Université de Dschang, du Musée des Civilisations et de la famille forestière, cet atelier a permis aux enfants d’avoir une approche concrète et artistique des défis écologiques actuels.

Photo de famille, cérémonie d’ouverture des ateliers le 07 février 2025 au Musée des civilisations à Dschang.

Liste des participants :

  1. Équipe d’organisation : Pr. Felix Meutchieye, Mme Astrid S. Klein, Pr. Albert Gouaffo, Dr Herbert Abdoulaye, Dr Lucie Mbogni Nankeng
  2. Membres de la famille forestière : Ngoufack Herman, Aton Yofack, Njiki Fopossi Lorna, Melekiakeu Ilarie, et bien d’autres.
  3. Liste des enfants : Tadjuefouo Nathan, Poundé René, Mbogni Nellissa, Meféya Brayan, et d’autres enfants passionnés par l’art et l’environnement.

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